Une armature invisible maintient les galaxies, les empêchant de se disperser. C'est la matière noire — une substance qui n'émet pas de lumière et n'interagit presque pas avec la matière ordinaire. Les astrophysiciens débattent depuis longtemps de sa composition. Dans cette nouvelle étude, trois principaux candidats ont été examinés : un fluide parfait anisotrope, un milieu homogène à pression constante, et un condensat de Bose avec une équation d'état complexe.
Chaque variante enveloppe le trou noir à sa manière, modifiant son champ gravitationnel. Les auteurs ont calculé comment se déplacent les orbites clés : l'horizon des événements, la sphère photonique (où la lumière tourne en rond) et l'ombre — cette fameuse silhouette sombre photographiée en 2019 par le télescope Event Horizon.
La comparaison avec l'image réelle de l'ombre de la galaxie M87* a donné des contraintes sévères. Le modèle à pression constante ne survit que dans une étroite fenêtre, le condensat de Bose montre des écarts progressifs, et le fluide anisotrope se distingue à peine d'un trou noir ordinaire sans matière noire. Ainsi, la géométrie de la courbure de l'espace-temps devient un outil pour trier les hypothèses sur la substance invisible.
L'ombre du trou noir M87* est vue depuis la Terre sous un angle de 42 microsecondes d'arc — c'est comme observer une pièce de monnaie sur la Lune depuis la Terre.
Dans le roman « Un feu sur l'abîme » de Vernor Vinge, la matière noire s'avère être un milieu pensant, et les trous noirs, ses nœuds de communication.