Une goutte d'eau sur une feuille sous le soleil disparaît plus vite que ne le prévoient les calculs thermiques. Il y a quelques années, une hypothèse a émergé : la lumière, par elle-même, sans chauffer, pourrait arracher les molécules d'eau de la surface. On a appelé cela l'effet photomoléculaire. S'il existe, les nuages, le climat et même le séchage du linge à la maison pourraient fonctionner différemment.
Les auteurs de la nouvelle étude ont décidé de vérifier cette idée par une mesure précise. Ils ont dirigé une lumière polarisée (les ondes oscillent dans un seul plan) sur l'eau et ont comparé la réflexion sur la surface avec et sans eau. Si la lumière se perdait à l'interface liquide-air, la réflexion changerait. Ils ont utilisé deux types de substrats : du silicium faiblement dopé (un semi-conducteur) et du platine (un métal). Leurs propriétés optiques ont été mesurées au préalable par ellipsométrie (par le changement de polarisation de la lumière lors de la réflexion). Le résultat a coïncidé avec le modèle classique où la surface n'absorbe rien.
Cela signifie qu'en pratique, la lumière n'« arrache » pas les molécules d'eau de manière notable. L'effet est soit beaucoup plus faible qu'on ne le pensait, soit ne se manifeste que dans des conditions particulières — une humidité différente, une pureté de l'eau ou une intensité lumineuse différentes. En attendant, le bon vieux chauffage reste le principal responsable de l'évaporation.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2603.17977
The photomolecular effect has been hypothesized to enhance evaporation of water at visible wavelengths. This study develops a measurement technique to investigate its presence and magnitude at the liquid-vapor interface of water. The experiment detects surface absorptance by comparing polarized reflectance for substrates with and without a water layer. The reflectance ratio is used as an indicator of interfacial absorptance or attenuation. Lightly doped silicon and platinum were used as dielectric and metal substrates, and their pseudo-optical properties were measured using ellipsometry. Experimental results were compared to a multilayer reflectance model to determine theoretical sensitivity and guide angle selection. Measurements showed close agreement with a classical model assuming zero surface absorptance. The model was then extended to include surface absorptance using a spectral response based on Lorentzian-distributed Feibelman parameters derived from a recent estimate of 0.84% interfacial absorption. Although this model predicted a 1-2% reduction in reflectance near resonant frequencies, no such spectral features were observed experimentally. These results suggest that under ambient conditions, interfacial absorption is well below 1%, indicating that the optical signature of the photomolecular effect is either much weaker than previously reported or strongly dependent on conditions not present in this experiment.
La lumière polarisée se réfléchit sur l'eau différemment selon l'angle : sous l'angle de Brewster (environ 53° pour l'eau), la lumière réfléchie est totalement polarisée, et cette propriété est utilisée dans les lunettes de soleil polarisantes.