Dans l'espace, on observe des taches sombres au sein d'anneaux lumineux. Il pourrait s'agir de trous noirs — des régions où la gravité ne laisse même pas échapper la lumière. Mais les équations d'Albert Einstein permettent aussi l'existence de trous de ver — des tunnels à travers la courbure de l'espace-temps. Leur différence se comprend facilement avec une image : un tunnel de montagne contre une grotte obscure. Autour de l'entrée tourbillonne un gaz incandescent. Si le tunnel est traversant, la lumière pénètre des deux côtés, rendant l'anneau nettement plus brillant. Pour la grotte, on ne voit pas les feux arrière, et la lueur est plus terne. La simulation numérique a confirmé que le disque d'accrétion d'un trou de ver est plus brillant que celui d'un trou noir de même taille. La raison : la lumière traverse librement la gorge, et le léger décalage vers le rouge ne l'affaiblit presque pas. En revanche, la gravité du trou noir étire fortement les rayons lumineux. Cela donne un indice simple : si le disque est trop lumineux, il s'agit peut-être d'un trou de ver. Et les futurs télescopes, grâce à la polarimétrie de la lumière, c'est-à-dire l'étude de la direction des ondes, pourront préciser sa nature.
Pour des ombres de même taille, le disque d'un trou de ver peut être une fois et demie plus brillant que celui d'un trou noir — c'est un moyen fiable de les distinguer.
Le film « Interstellar » montre un trou de ver comme un pont vers une autre galaxie — une fantaisie inspirée par la théorie réelle des tunnels à travers l'espace.