Les images directes des ombres des objets compacts supermassifs, obtenues par le Télescope Horizon des Événements, sont devenues un nouvel outil pour tester la gravité en champ fort. Bien que les données indiquent un trou noir de Kerr, il reste de la place pour des alternatives exotiques telles que les trous de ver — des objets sans horizon des événements, nommés pour la première fois par John Archibald Wheeler, reliant des régions éloignées de la courbure de l'espace-temps. Déterminer leurs signatures observationnelles est nécessaire pour interpréter les futures observations plus précises.
Les auteurs ont construit une solution stationnaire à symétrie sphérique pour le flux d'accrétion dans la métrique du trou de ver d'Ellis-Bronnikov et du trou noir de Karl Schwarzschild, en utilisant une équation d'état polytropique. Avec le code CARTOON, ils ont effectué des calculs du problème de transfert radiatif en relativité générale, en tenant compte du rayonnement synchrotron, ainsi que des effets relativistes de dilatation du temps et de décalage Doppler. Les paramètres du plasma et de la poussière cosmique en accrétion (densité électronique, température) ont été ajustés pour que le flux total à la fréquence de 230 GHz soit d'environ 0.5 Jy, en accord avec les observations de la galaxie M87* par le Télescope Horizon des Événements.
Les images des deux objets montrent une région centrale sombre — l'ombre — et un anneau photonique brillant, formé par des photons qui effectuent plusieurs orbites autour de l'objet compact. À masse égale, l'ombre du trou de ver s'est avérée plus brillante : le rayonnement traverse la gorge et s'ajoute à celui de la matière située de l'autre côté. L'anneau photonique est également plus brillant en raison d'un chemin optique plus long et d'un décalage gravitationnel vers le rouge plus faible en l'absence d'horizon. Quantitativement, la dépression centrale (rapport du maximum au minimum d'intensité) pour le trou de ver est d'environ 2.8, alors que pour le trou noir elle est d'environ 1.9, et le diamètre de l'anneau est de 45 microsecondes d'arc contre 42 microsecondes.
Les résultats montrent que les objets compacts sans horizon peuvent imiter avec succès les trous noirs dans la précision actuelle des observations. Cela souligne la nécessité de développer des diagnostics sensibles à la présence d'un horizon des événements, par exemple via la variabilité du rayonnement ou la polarisation. De plus, la similitude avec les noyaux actifs de galaxies et les quasars laisse ouverte la question de la véritable nature des moteurs centraux.
Les futures missions d'interférométrie spatiale à très longue base, comme Black Hole Explorer (BHEX), permettront d'étudier la structure fine des anneaux photoniques et peut-être de détecter le rayonnement ayant traversé un trou de ver. L'amélioration de la résolution angulaire jusqu'à quelques microsecondes d'arc sera cruciale pour distinguer les modèles avec et sans horizon.
Ce travail a des implications directes pour l'astrophysique des trous noirs, la lentille gravitationnelle et les tests des théories modifiées de la gravité, ainsi que pour l'interprétation des données de photométrie des noyaux actifs de galaxies.
Des expériences numériques avec des disques d'accrétion et des effets magnétohydrodynamiques sont nécessaires pour tenir compte de l'asymétrie des images. Les observations polarimétriques sont également prometteuses, car elles dépendent fortement de la géométrie du champ magnétique près de l'horizon.
Cette étude aborde un problème fondamental : les objets compacts supermassifs au centre des galaxies sont-ils des trous noirs de la relativité générale ou des objets exotiques nécessitant la violation des conditions d'énergie et donc une nouvelle physique au-delà du modèle standard ?
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Les auteurs ont construit un écoulement d'accrétion stationnaire à symétrie sphérique dans la métrique du trou de ver d'Ellis-Bronnikov et du trou noir de Schwarzschild, effectué des calculs de transfert radiatif relativiste général avec émission synchrotron et comparé les images. Ils ont découvert que l'ombre et l'anneau photonique du trou de ver sont plus brillants en raison de l'absence d'horizon, et ont quantifié les différences dans la dépression centrale et le diamètre de l'anneau.
Où est sa force
Ce travail fournit un repère quantitatif concret pour distinguer les objets sans horizon des trous noirs par la luminosité de l'ombre et de l'anneau photonique, ce qui pourrait être utilisé dans l'analyse des données du télescope Event Horizon.
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
Si les trous de ver sont réellement impossibles à distinguer des trous noirs dans le spectre électromagnétique, cela soulève une question fondamentale sur la nature des objets supermassifs au centre des galaxies et nécessite de nouvelles stratégies d'observation.
Travaux voisins dans notre archive
Le travail le plus proche de l'archive se situe à 0.65 par le sens — le niveau habituel de notre corpus.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2606.01699v1
We investigate the observational differences between the Ellis--Bronnikov (EB) wormhole and the Schwarzschild black hole (BH) by performing general relativistic radiative transfer (GRRT) simulations. We consider a spherically symmetric steady-state accretion flow and perform GRRT simulations incorporating synchrotron emission. For both the EB wormhole and the Schwarzschild BH, the simulated images consist of a central shadow region and a bright photon ring. We find that both the shadow region and the photon ring of the EB wormhole are brighter than those of the Schwarzschild BH. These differences arise from the absence of an event horizon in the EB wormhole, allowing the emission from the accreting matter around and beyond the throat to contribute to the observed intensity. We also compare the simulated images with the Event Horizon Telescope (EHT) observations of M87* and find that both the EB wormhole and the Schwarzschild BH are in reasonable agreement with the current EHT results.
Le trou de ver d'Ellis-Bronnikov a été découvert indépendamment par H. Ellis et K. Bronnikov en 1973 comme solution avec un champ scalaire fantôme. Il est intéressant de noter que sa masse dans l'autre région asymptotique est négative, et que la gorge est située au point R=0.
L'idée de trous de ver comme portails vers d'autres univers est largement connue grâce au film « Interstellar », où les héros voyagent à travers un trou de ver créé par une civilisation très avancée. Bien que le modèle d'Ellis-Bronnikov soit instable sans champs supplémentaires, il illustre la base scientifique réelle de ces objets hypothétiques.