Dans l'obscurité glaciale d'un nuage au centre de la Galaxie, sur d'infimes grains de poussière cosmique, se forme une fine croûte de glace d'eau. C'est un véritable atelier de confiserie miniature : les atomes de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, de simples ingrédients, s'assemblent d'eux-mêmes en molécules sucrées. Ainsi, à 27 000 années-lumière de la Terre, les astronomes ont « entendu » le signal de l'érythrulose — un sucre que l'on ajoute aux crèmes autobronzantes.
La spectroscopie — une méthode initiée par Fraunhofer et transformée en instrument sensible par Townes — a permis de distinguer la « voix » chimique de cette substance. L'idée que le cosmos synthétise des sucres sans l'aide des planètes a été défendue par Hoyle. Désormais, c'est confirmé : les astéroïdes et les comètes peuvent transporter cette douceur vers de jeunes exoplanètes, nourrissant peut-être la vie future.
L'érythrulose, qui donne un teint bronzé dans les autobronzants, flotte dans un nuage glacé à 27 000 années-lumière de la Terre.
Fred Hoyle, dans son roman « Le Nuage noir », a décrit un nuage interstellaire vivant ; la découverte de sucres réels dans un tel nuage donne une touche de science à cette fiction.