Jetez un caillou dans un étang — des cercles se propageront à la surface. De la même manière, un corps massif en orbite autour d'un trou noir perturbe le tissu de l'espace-temps, engendrant des ondes gravitationnelles. Mais que se passerait-il si l'étang lui-même n'était pas plat, mais présentait des plis cachés — des dimensions supplémentaires, invisibles à l'œil ? C'est précisément l'hypothèse des auteurs de cette étude : ils ont ajouté aux équations de la gravitation des termes décrivant ces dimensions cachées, puis ont observé comment la ride se modifie.
Ils ont examiné le cas le plus simple : un trou noir sans rotation et un compagnon léger sur une orbite circulaire. Ils ont d'abord établi les équations générales pour toutes les perturbations, puis construit une solution approchée, en l'affinant pas à pas à mesure que les corps se rapprochent. Il s'avère que toutes les corrections dues aux dimensions supplémentaires entrent en jeu à la même étape — environ cinq orbites avant la fusion — et que leur amplitude est directement proportionnelle à un nombre qui indique la facilité avec laquelle le trou noir lui-même peut être déformé (le nombre de Love pour un certain type d'oscillation).
Pour vérifier leurs calculs analytiques, les scientifiques les ont comparés à un calcul numérique exact pour de grandes vitesses. La concordance a confirmé que les nouveaux effets apparaissent bien là où ils étaient prédits, et qu'on peut les rechercher dans les données des détecteurs réels. C'est comme accorder un instrument de musique : en sachant à quelle note les harmoniques des cordes cachées doivent se manifester, on peut les entendre dans la sonorité globale des ondes gravitationnelles.
Le nombre de Love pour un trou noir en relativité générale standard est nul — il est parfaitement rigide et ne se déforme pas sous l'effet des forces de marée. Mais dans les théories avec dimensions supplémentaires, il devient légèrement « élastique », et cela peut être détecté dans les ondes gravitationnelles.