Le robot jongleur attrape et lance des balles en rythme précis avec un humain, comme deux pulsars émettant des impulsions à l'unisson. Jongler avec trois balles est une cascade classique, régie par un tempo net, semblable à la rotation régulière d'un phare cosmique. Si l'on casse le rythme, le motif s'effondre.
Les caméras du robot suivent la lumière réfléchie par la balle : grâce à ses variations, la photométrie détermine instantanément la position. Des algorithmes, s'appuyant sur les idées de Newton sur le mouvement et de Poincaré sur les trajectoires complexes, prédisent le vol en une fraction de seconde. La puissance de calcul développée par von Neumann traite les données presque à la vitesse de la lumière dans la fibre optique. Le robot réagit à la balle aussi vite qu'un télescope repère une exoplanète par les infimes oscillations de son étoile. Cette surveillance est continue, alors que la balle ne vole que quelques instants.
Lors des essais, huit participants — des débutants aux amateurs — ont réussi à jongler avec le robot. L'un a établi un record de 20 réceptions consécutives, un autre de 40 passes sans erreur. La machine a agi impeccablement, donnant le tempo avec une régularité parfaite, sans se fatiguer un instant. Cette danse synchronisée ouvre la voie à des robots assistants en cuisine, sur un chantier ou au bloc opératoire, où la transmission rapide et précise d'objets est cruciale. De plus, le robot s'est révélé plus fiable qu'un partenaire humain : il ne se déconcentre pas et peut jongler pendant des heures, tel un métronome de référence, ce qui en fait un coéquipier idéal pour les tâches exigeant une précision monotone.
Le célèbre pulsar de la nébuleuse du Crabe tourne 30 fois par seconde — à peu près la fréquence à laquelle un jongleur expérimenté lance les balles.