L'intelligence artificielle qui prédit l'acoustique d'une salle fait penser à un étudiant qui triche à l'examen avec une antisèche. Si les points de validation sont les mêmes que ceux de l'entraînement, le modèle se contente de mémoriser l'« empreinte » sonore de chaque position, comme un étudiant qui reconnaît un sujet grâce à un coin de page plié. Durcissez les règles — regroupez les données par siège et masquez les indices de fréquence — et la précision s'effondre de 85 % à 9–57 %.
Après une validation honnête, les algorithmes semblent tous aussi impuissants. Mais l'IA conserve sa supériorité dans la mesure du volume et révèle un talent inattendu : reconstruire le paysage sonore entre les microphones avec une précision allant jusqu'à 88 %. Le paradoxe, c'est que les échecs flagrants du test ont mis en lumière sa véritable force : l'interpolation à la volée. D'ailleurs, l'écho le plus long du monde dure 112 secondes (dans un réservoir de pétrole en Écosse) ; un tel algorithme pourrait le modéliser à partir de quelques mesures.
Dans les salles de concert, le temps de réverbération dépasse rarement 2 secondes, sinon la musique se fond en une cacophonie.