Le nouvel observatoire spatial LISA — un immense instrument laser — captera les ondes gravitationnelles, ces ondulations de l'espace-temps, émises par des dizaines de milliers de paires de naines blanches — des étoiles éteintes de la taille de la Terre. Chaque paire émet son propre signal rythmé, mais ensemble ils se fondent en un bourdonnement confus, semblable à la cacophonie d'un orchestre avant le concert.
Un ordinateur classique mettrait des heures à trier les options pour isoler chaque source. Un réseau de neurones, entraîné sur des millions de modèles virtuels grâce à l'apprentissage automatique, s'en sort en un instant. Tel un chef d'orchestre expérimenté, il distingue chaque instrument dans le bruit : il détermine la vitesse de rotation de la paire, sa distance et sa position dans le ciel.
Cette analyse permet de suivre rapidement le destin des naines blanches, la naissance des étoiles à neutrons et des trous noirs, accélérant ainsi la compréhension de l'évolution stellaire et de la structure de la galaxie.
Certaines paires de naines blanches tournent si près l'une de l'autre qu'elles effectuent une orbite complète en quelques minutes. Leur danse s'accélère progressivement — et cela révèle leur masse et leur distance.
Cela rappelle une scène du roman de Stanisław Lem « La Voix du Maître » : là aussi, les héros tentent d'extraire un signal significatif du chaos.