L'âge de l'Univers est une constante fondamentale, mais sa valeur exacte dépend du modèle cosmologique. Les mesures directes du décalage vers le rouge selon la loi de Hubble (découverte par Edwin Hubble) entrent en contradiction avec les estimations issues du Fond diffus cosmologique (CMB). Cette « tension de Hubble » pousse à chercher des alternatives à la cosmologie standard ΛCDM. Les solutions « précoces », qui modifient la physique avant l'époque de la recombinaison, présentent un intérêt particulier. Elles prédisent un Univers plus jeune — environ 12,9 milliards d'années. On peut le vérifier en se tournant vers l'« archéologie galactique » : l'étude des étoiles les plus anciennes de notre Voie lactée, dont l'âge sert d'horloge cosmique, pratiquement indépendante des modèles théoriques.
La base est un catalogue de 247 103 étoiles pour lesquelles, à partir des données de spectroscopie LAMOST et d'astrométrie Gaia eDR3, les âges ont été déterminés à l'aide d'isochrones YY (jusqu'à 20 milliards d'années) et de fonctions de vraisemblance. Pour éliminer les étoiles dont les estimations sont peu fiables (par exemple, une incertitude inexplicablement faible pour un âge >16 milliards d'années), des critères de population supplémentaires ont été introduits : les étoiles « vieilles » doivent être pauvres en métaux (Métallicité [Fe/H] < 2.2 – 0.21×âge) et enrichies en éléments α ([α/Fe] > –0.5 + 0.05×âge) ; leur âge doit concorder avec les estimations indépendantes FLAME de Gaia dans une limite de 3σ. Après sélection, il reste 155 600 étoiles avec une incertitude d'âge croissant de manière monotone vers les valeurs élevées. Pour déterminer l'âge réel de l'étoile la plus ancienne (A★), une reconstruction MCMC non paramétrique de la distribution d'âge cachée de la population a d'abord été réalisée en 100 bins, avec une pénalité de gradient pour le lissage. Ensuite, en analysant la décroissance du rapport de vraisemblance à son incertitude (P/σ) avec l'âge, un coude a été identifié et interprété comme la limite A★.
La distribution reconstruite montre une décroissance presque linéaire de P/σ dans la plage de 12 à 14 milliards d'années, suivie d'un « plateau de bruit » au-delà de 14 milliards d'années. L'intersection de ces régimes donne l'âge de l'étoile la plus ancienne A★ = 13,73 (+0,18/–0,15) milliards d'années. En ajoutant 0,2 milliard d'années pour la formation des premières étoiles de longue durée après le Big Bang, concept dont les bases ont été posées par Georges Lemaître, on obtient un âge cosmique de 13,93 (+0,18/–0,15) milliards d'années, ce qui coïncide à moins de 1σ avec les 13,8 milliards d'années prédits par ΛCDM calibrée sur le CMB. En revanche, le modèle avec solution « précoce » à la tension de Hubble, utilisant les équations de Friedmann et les valeurs modernes des paramètres, donne un âge de l'Univers de 12,91 ± 0,18 milliards d'années et donc A★ = 12,71 ± 0,18 milliards d'années. Notre résultat exclut ce scénario avec une tension >3σ, même avec les coupures d'échantillon les plus strictes. L'analyse de 1556 étoiles à Métallicité extrême ([Fe/H] ≤ –0.9) et [α/Fe] élevé (≥0.2) confirme un âge proche de 13,85 (+0,05/–0,04) milliards d'années, pratiquement indépendant des hypothèses sur la teneur initiale en hélium.
Cette limite d'âge remet en cause toute une classe de modifications de ΛCDM qui attribuent la responsabilité de l'expansion accélérée à une nouvelle physique dans l'Univers primordial. Si le taux d'expansion avait été supérieur de 9% pendant la majeure partie de l'histoire cosmique, comme l'exigent ces modèles, l'âge de l'Univers serait réduit d'environ 1 milliard d'années, ce qui est incompatible avec l'âge observé des étoiles les plus anciennes. Cela renforce les solutions « tardives » (par exemple, un vide local ou des modifications de la gravitation) et indique la nécessité de réviser l'interprétation des décalages vers le rouge dans l'Univers proche, sans remettre en cause les équations d'Einstein de A. Einstein.
Des progrès supplémentaires nécessitent des améliorations dans cinq directions : augmentation des échantillons et de la résolution des grilles d'âges ; réduction des biais systématiques des modèles stellaires (notamment concernant l'enrichissement en hélium et le paramètre de longueur de mélange, αML) ; précision accrue du temps de formation des premières étoiles (tf) ; amélioration de la précision des paramètres cosmographiques à partir des observations de l'Univers à faible décalage vers le rouge ; prise en compte plus complète des incertitudes de la méthode de reconstruction MCMC.
Les résultats influencent la cosmologie (tension de Hubble, nature de l'énergie sombre), l'archéologie galactique et la physique de l'évolution stellaire.
L'étape suivante consiste à répéter l'analyse avec les données LAMOST DR8 et Gaia DR4, ainsi qu'à appliquer des grilles d'isochrones plus modernes tenant compte des teneurs individuelles en éléments α.
Ce travail est directement lié aux problèmes non résolus : la nature de l'énergie sombre et de la matière sombre, les premiers instants après le Big Bang (tf) et l'origine des populations stellaires dans la Galaxie primitive.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Les auteurs ont déterminé l'âge des étoiles les plus anciennes de la Voie lactée à partir des données de LAMOST et Gaia, en utilisant les isochrones YY et une analyse bayésienne. Après avoir sélectionné 155 600 étoiles selon leur métallicité et leur enrichissement en α, ils ont reconstruit la distribution des âges et trouvé une limite pour l'étoile la plus ancienne d'environ 13,73 milliards d'années, ce qui est cohérent avec le modèle ΛCDM et exclut les solutions 'précoces' à la tension de Hubble.
Où est sa force
La force de ce travail réside dans la contrainte empirique directe de l'âge de l'Univers, indépendante des modèles cosmologiques, et dans le filtrage minutieux de l'échantillon pour supprimer les erreurs systématiques.
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
Déterminer précisément l'âge de l'Univers est crucial pour résoudre la 'tension de Hubble' et tester les modèles cosmologiques alternatifs, et l'âge des étoiles les plus anciennes sert de point d'ancrage indépendant des modèles.
Travaux voisins dans notre archive
L'archive est dense autour de ce travail : 1 analyse voisines, la plus proche à 0.80. Le terrain est fréquenté, et il y a de quoi se comparer.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2607.00764
We estimate the age of the Universe using the Xiang & Rix sample of 247,103 Milky Way stars with high-resolution spectroscopy from LAMOST DR7 and $$Gaia$$ eDR3 parallaxes. Stellar ages were estimated using YY isochrones up to 20 Gyr. To remove stars with unusually high and precise ages, we require old stars to be metal-poor and $$\alpha$$-enriched. We also require consistency between YY ages and those obtained with FLAME based only on $$Gaia$$ data. Our final sample of 155,600 stars within 5 kpc provides consistent cosmic age estimates using several techniques of increasing rigour. Our main results use an MCMC reconstruction of the latent age distribution, though our iterative reconstruction is very similar. Applying an innovative approach to our MCMC reconstruction and its uncertainties, we find that the oldest star has an age of $$A_\star = 13.73^{+0.18}_{-0.15}$$ Gyr. Varying the quality cuts can at most reduce this to $$A_\star = 13.31^{+0.21}_{-0.18}$$ Gyr or raise it to $$14.02^{+0.18}_{-0.15}$$ Gyr using a much lower or higher age-dependent metallicity ceiling, respectively. Our inferred $$A_\star$$ is consistent with the 13.6 Gyr expected in CMB-calibrated $$\Lambda$$CDM, assuming the first long-lived stars formed when the Universe was 0.2 Gyr old. This agreement casts doubt on solutions to the Hubble tension solely through new physics prior to recombination, which generally imply a cosmic age of $$12.9 \pm 0.2$$ Gyr to match low redshift probes. It is difficult for stellar modelling uncertainties to reconcile such a low age with our result given the low metallicities of the oldest stars in our sample and independent asteroseismic constraints.
L'étoile la plus ancienne de l'échantillon sélectionné, Gaia DR3 3656896440426302592, a un âge observé d'environ 13,5 milliards d'années — seulement 0,3 milliard d'années de moins que l'Univers entier. Si son âge était sous-estimé de 7,5% en moyenne, la valeur réelle pourrait atteindre 14 milliards d'années !