Le problème de l'incohérence de la constante de Hubble (H0), obtenue à partir des observations du rayonnement fossile (Univers primordial) et des mesures des céphéides et des supernovae (Univers tardif) à l'aide du télescope spatial Hubble, a atteint un niveau de plus de 5σ. Dans le cadre de ΛCDM, où dominent la matière noire et la constante cosmologique, les prédictions pour l'Univers primordial donnent H0 = 67.4 km/s/Mpc, tandis que les mesures locales, calibrées sur les observations de Vera Rubin concernant la rotation des galaxies, donnent H0 = 73.0 km/s/Mpc. Cette contradiction, remarquée pour la première fois par Edwin Hubble, remet en question le modèle standard et exige une révision de la physique du secteur sombre.
Les auteurs ont construit un modèle ECDM où la densité d'énergie sombre est donnée par une fonction d'erreur analytique, assurant une transition continue des valeurs négatives (phase anti-de Sitter) aux valeurs positives (phase de Sitter) à une époque de décalage vers le rouge z†. Pour décrire correctement l'évolution des perturbations au moment où l'équation d'état diverge, un système d'équations renormalisé a été développé pour la variable f = δ/(1+w). L'analyse a été réalisée par la méthode de Monte Carlo à chaînes de Markov en utilisant les données : rayonnement fossile (Planck, ACT, SPT), oscillations acoustiques des baryons (DESI DR2) et supernovae de type Ia (Pantheon+), calibrées sur les mesures locales de H0. Le modèle repose sur la métrique de Friedmann-Lemaître-Robertson-Walker, proposée par Georges Lemaître, et inclut la nucléosynthèse primordiale comme contrainte sur l'abondance d'hélium.
L'analyse conjointe des données a révélé deux régimes de transition : rapide et lent, le lent étant exclu lors de l'ajout des données de supernovae. Pour l'échantillon complet (CMB+DESI+PantheonPlus&SH0ES), le modèle donne H0 ≈ 69.3 km/s/Mpc (en tenant compte de la vitesse de la lumière dans la définition des distances), ce qui est nettement plus proche de la valeur locale et réduit la tension à 2-3σ. Par ailleurs, le paramètre S8, caractérisant le regroupement de la matière noire, reste en accord avec ΛCDM. Il est important de noter que les données rejettent une transition ultra-rapide (η→∞), préférant une vitesse modérée, ce qui se manifeste par une suppression de la croissance des structures aux échelles étudiées par le télescope Hubble. Les critères statistiques (par exemple, ΔWAIC ≈ -15) indiquent une forte préférence pour ECDM par rapport à ΛCDM.
Cette recherche montre que l'énergie sombre pourrait ne pas être une constante, mais avoir une dynamique complexe, y compris un changement de signe de la densité d'énergie. Un tel comportement aurait pu influencer la formation de la structure à grande échelle, observée à travers les relevés spectroscopiques, et laisser une empreinte dans le lentillage du rayonnement fossile. Les contraintes obtenues sur la vitesse de transition stimulent le développement de modèles microphysiques, par exemple basés sur des champs scalaires, et modifient l'approche de l'interprétation des données des télescopes spatiaux.
À l'avenir, les données du projet Euclid et du relevé de l'Observatoire Rubin permettront de préciser la croissance des structures et de tester les prédictions d'ECDM, en particulier concernant la matière noire et son interaction avec l'énergie sombre. Il faudra également passer d'une description phénoménologique à des théories fondamentales, telles que la gravité modifiée ou la quintessence, pour expliquer l'origine du changement de signe et son lien avec les effets quantiques dans l'Univers primordial.
Les résultats sont importants pour la cosmologie, l'astrophysique et la physique des particules, car ils relient le problème de la constante de Hubble à la nature du secteur sombre, influençant l'interprétation des données du télescope Hubble et des futures missions.
Les prochaines étapes comprennent la prise en compte des données de la structure à grande échelle, telles que le lentillage faible de DES, et la construction de réalisations scalaires du modèle, sans difficultés numériques, pour être testées dans le contexte de la cosmologie inflationnaire.
Le modèle aborde directement des problèmes non résolus de la physique : la nature de l'énergie sombre (pourquoi la constante cosmologique est-elle si petite), la coïncidence des densités de matière et d'énergie sombre à l'époque actuelle, ainsi que la nature de la matière noire. L'énergie sombre à changement de signe pourrait être liée au paysage de la théorie des cordes, où des transitions entre des vides d'énergies différentes sont possibles, et aux corrélations quantiques dans le multivers.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Dans cette étude, les auteurs construisent un modèle ECDM dans lequel la densité d'énergie sombre change continûment de signe, décrivant la transition d'une phase anti-de Sitter vers une phase de Sitter. Ils développent un système renormalisé d'équations pour les perturbations et effectuent une analyse conjointe des données du fond diffus cosmologique, des oscillations acoustiques des baryons et des supernovae, montrant que le modèle réduit la tension de Hubble à 2–3σ et est statistiquement préféré.
Où est sa force
La force de ce travail réside dans le mécanisme concret : le changement progressif de signe de l'énergie sombre, qui permet à la fois d'atténuer le problème de H0 et de rester en accord avec les données de regroupement, offrant ainsi une base pour de futures vérifications.
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
Si une énergie sombre dynamique avec changement de signe peut réellement aider à résoudre la tension de Hubble, cela pourrait indiquer de nouveaux processus physiques dans le secteur sombre, qui seront testables dans les futurs relevés et expériences sur le fond diffus cosmologique.
Travaux voisins dans notre archive
L'archive est dense autour de ce travail : 9 analyses voisines, la plus proche à 0.73. Le terrain est fréquenté, et il y a de quoi se comparer.
Dans le modèle ECDM, l'énergie sombre était négative dans le passé, c'est-à-dire qu'elle créait une attraction supplémentaire qui ralentissait l'expansion de l'Univers encore plus que la matière ordinaire. Cela ressemble à un « puits gravitationnel » temporaire dont l'Univers s'est extrait il y a 3 à 4 milliards d'années. Un tel épisode pourrait avoir laissé des traces sous forme d'anomalies dans la structure à grande échelle.
Le concept d'énergie sombre changeant de signe rappelle le « flip » des lois physiques décrit dans la trilogie « Le Problème à trois corps » de Liu Cixin, où l'Univers traverse des cycles de dimensions différentes, provoquant des changements radicaux dans sa dynamique. Dans le roman « Hyperion » de Dan Simmons, on trouve également l'idée de « champs temporels » qui modifient le cours du temps et l'expansion de l'espace.