La constante de Hubble est mesurée par deux méthodes principales : le fond diffus cosmologique (Univers primordial) et l'échelle des distances (Univers tardif). Leurs valeurs divergent : 67,4 contre 73,5 km/s/Mpc — c'est la « tension de Hubble ». Les mégamasers permettent de mesurer les distances directement, sans échelle, ce qui en fait un arbitre dans ce débat. L'analyse précédente des données des mégamasers donnait une valeur cohérente avec l'échelle, ce qui penchait en faveur d'une nouvelle physique. Cependant, les vitesses particulières des galaxies peuvent fausser le résultat, et leur prise en compte correcte pourrait changer la conclusion.
Les données de six galaxies mégamasers de l'étude de Pesce et al. (2020) ont été utilisées : distances et décalages vers le rouge. Pour chaque galaxie, la vitesse particulière a été calculée à l'aide de deux reconstructions du champ de vitesses : l'ancienne (Carrick et al. 2015, basée uniquement sur les données du relevé 2M++) et la nouvelle (McAlpine et al. 2025, qui ajoute des simulations cosmologiques contraintes pour tenir compte des mouvements non linéaires). Les décalages vers le rouge ont été corrigés de ces vitesses. Ensuite, un ajustement de la relation distance-décalage a été effectué par maximum de vraisemblance, l'incertitude sur la vitesse particulière étant traitée comme un paramètre libre avec une distribution a priori uniforme.
Avec la correction de la nouvelle reconstruction M25, la constante de Hubble est obtenue à 69,7±2,6 km/s/Mpc avec une incertitude de vitesse fixée à 150 km/s. Si cette incertitude est traitée comme un paramètre et marginalisée, le maximum de vraisemblance se déplace à 68,7 km/s/Mpc. La probabilité que la valeur réelle ne soit pas inférieure à celle de l'échelle des distances (73,5 km/s/Mpc) est de 2,9% avec une contrainte σv ≤ 150 km/s et de 4,9% avec σv ≤ 200 km/s. Cela correspond à une tension avec l'échelle d'environ 2,2σ. Les six mégamasers ont des vitesses particulières positives, et les trois plus lointains participent à un flux cohérent commun, ce qui surestime systématiquement la valeur de H0.
Le résultat montre que les vitesses particulières peuvent considérablement biaiser les estimations de la constante de Hubble basées sur les mégamasers. La prise en compte de ces vitesses avec une reconstruction précise change la conclusion : les mégamasers soutiennent désormais la valeur du fond diffus cosmologique, et non celle de l'échelle des distances. Cela affaiblit les arguments en faveur d'une nouvelle physique et déplace le soupçon vers des erreurs systématiques dans l'étalonnage de l'échelle des distances.
Le sujet se développera dans plusieurs directions : la recherche de nouvelles galaxies mégamasers pour augmenter l'échantillon, l'amélioration des méthodes de mesure des distances, et l'augmentation de la précision et de la résolution des reconstructions du champ de vitesses. Il est important de vérifier si le biais persiste avec un échantillon plus large et avec d'autres reconstructions.
Ce travail influence la cosmologie et l'astronomie extragalactique : il souligne la nécessité de prendre en compte les vitesses particulières dans les mesures locales et remet en question la fiabilité de l'échelle des distances comme référence.
Les prochaines étapes comprennent une réanalyse avec un plus grand nombre de mégamasers, une comparaison avec d'autres méthodes de mesure directe des distances (par exemple, les lentilles gravitationnelles ou les ondes gravitationnelles), ainsi qu'une étude détaillée des systématiques dans les céphéides et les supernovae de type Ia.
En cosmologie, la tension de Hubble reste non résolue — l'écart entre les mesures précoces et tardives. Ce travail la relie à une possible systématique dans l'échelle des distances, plutôt qu'à une nouvelle physique. Cela touche directement au problème de l'étalonnage des chandelles standard et à la fiabilité des mesures locales.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Les auteurs réanalysent les distances et les décalages vers le rouge de six galaxies mégamasers, en utilisant une nouvelle reconstruction du champ de vitesses basée sur des simulations cosmologiques. Ils corrigent les décalages vers le rouge des vitesses particulières et obtiennent une valeur de H0 d'environ 68–70 km/s/Mpc, ce qui est cohérent avec les données du fond diffus cosmologique et contredit la valeur de l'échelle des distances à plus de 2σ.
Où est sa force
Ce travail montre que la prise en compte des vitesses particulières via une reconstruction plus précise du champ de vitesses peut modifier considérablement les conclusions sur la constante de Hubble, faisant peser le soupçon sur la systématique de l'échelle des distances. C'est un exemple concret de la manière dont les inhomogénéités locales affectent les mesures cosmologiques globales.
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
Si la systématique de l'échelle des distances se confirme, cela résoudrait la tension de Hubble sans faire appel à une nouvelle physique, ce qui est important pour toute la cosmologie.
Travaux voisins dans notre archive
Le travail le plus proche de l'archive se situe à 0.67 par le sens — le niveau habituel de notre corpus.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2608.06247v1
Megamaser distances can be measured without using the traditional distance ladder. As such, they provide an independent probe of the local expansion rate, quantified by the Hubble constant $$H_0$$. We re-analyze megamaser distance and redshift data to obtain a new, more accurate, estimate of $$H_0$$. The main improvement in our analysis is the use of a new velocity field reconstruction to correct redshifts for peculiar velocities. This reconstruction utilizes constrained cosmological simulations in addition to redshift survey data to more accurately capture both coherent flows as well as nonGaussian individual galaxy motions. We argue that previous estimates of $$H_0$$ from megamaser data were susceptible to bias due to peculiar velocities. By correcting for peculiar motions using this new reconstruction we obtain a value of $$H_0$$ that is consistent with the value from the Cosmic Microwave Background (CMB) and in tension with the value from the local distance ladder at greater than a $$2\sigma$$ level, whereas previous results showed consistency with the distance ladder and tension with the CMB at greater than $$2\sigma$$. Our results suggest that the Hubble tension is due to some heretofore undetermined systematic in the distance ladder rather than new physics.
Les mégamasers sont des lasers cosmiques naturels : les molécules d'eau dans les disques d'accrétion autour des trous noirs supermassifs amplifient le rayonnement micro-onde. Leurs tailles angulaires et leurs vitesses permettent de mesurer les distances avec une précision de quelques pour cent, ce qui en fait un outil précieux pour la cosmologie.