L’étoile de Tabby, tel un phare dans la tempête, a envoyé pendant des années aux astronomes des signaux sous forme de chutes de luminosité imprévisibles. Personne ne parvenait à comprendre ce qui bloquait sa lumière. Aujourd’hui, au milieu de ce chaos, on a repéré un transit calme et parfaitement symétrique — comme l’œil du cyclone. Le mystère qui tenaillait les esprits depuis 2015 est peut-être sur le point d’être résolu.
Les chasseurs d’ombres ont sorti tout leur arsenal. Les données photométriques de TESS sur sept secteurs ont été soigneusement nettoyées des bruits instrumentaux et analysées. L’unique transit a été modélisé à l’aide d’un échantillonnage bayésien, puis ajusté conjointement avec les mesures de vitesse radiale basées sur l’effet Doppler et obtenues avec le spectrographe SOPHIE. Le point clé a été que, pour une étoile en rotation rapide, les raies spectrales sont fortement élargies ; les auteurs ont retraité les anciennes données en appliquant une convolution gaussienne avec le profil de rotation, ce qui a réduit les incertitudes d’un facteur trois. De plus, ils ont testé des modèles de chaînes d’exocomètes, mais ceux-ci n’ont pas pu reproduire la forme symétrique du transit. Une naine rouge voisine a été exclue comme source possible de l’éclipse.
L’analyse conjointe a montré : la période orbitale du compagnon, selon la troisième loi de Kepler, est d’environ 1211 jours, mais les données d’archives de Kepler et d’autres relevés n’autorisent que cinq fenêtres étroites autour de 1030, 1035, 1302, 1345 et 1368 jours. La masse de l’objet est de 9,4 masses de Jupiter avec une limite supérieure de 28 masses de Jupiter à trois sigma, et son rayon de 1,7 rayon de Jupiter. Cela le place dans la zone de transition entre une planète géante et une naine brune. Sa densité moyenne d’environ 2,2 g/cm³ est plus proche de celle d’une planète, et sa température d’équilibre de seulement 268 K en fait l’un des objets en transit les plus froids connus. L’orbite s’est révélée presque circulaire (excentricité de 0,09), ce qui est typique des planètes géantes à longue période.
Cette découverte modifie notre vision du système. Si le compagnon est confirmé, il deviendra le premier compagnon en transit de l’étoile de Tabby et expliquera d’où viennent les exocomètes : la gravité du compagnon perturbe leurs orbites, les dirigeant vers l’étoile. De plus, cet objet enrichira le rare échantillon de corps à la frontière entre planètes et naines brunes, aidant ainsi à comprendre comment se forment ces « presque étoiles ».
Les deux premières fenêtres de transit ont eu lieu au printemps 2025, et les observations du réseau LCO ont déjà permis de réduire la gamme des périodes possibles. La prochaine étape est d’attendre les fenêtres 2026–2027 et de capturer avec précision un nouveau transit. Une détermination fiable de la période sera alors possible. Mais l’atout majeur est la prochaine publication des données Gaia DR4 : le signal astrométrique du compagnon sera d’environ 50 microsecondes d’arc, ce qui est tout à fait à la portée de ce télescope. L’astrométrie mesurera directement la masse et l’orbite, mettant fin aux débats sur la nature de l’objet. Ainsi, pas à pas, dans le chaos de l’étoile de Tabby, une structure émerge — et l’œil du cyclone prend forme.
Ce résultat est important pour les statistiques des exoplanètes et des naines brunes, ainsi que pour la compréhension des systèmes à variabilité photométrique extrême. Il renforce le lien entre l’activité observée et les perturbations dynamiques dans les systèmes planétaires.
Des observations complémentaires de vitesses radiales sont nécessaires pour confirmer la masse à un niveau supérieur à 3σ, ainsi qu’un suivi photométrique dans les fenêtres prévues pour capturer un nouveau transit.
Ce travail aborde le problème fondamental de la distinction entre les planètes géantes et les naines brunes, ainsi que l’origine de la variabilité irrégulière des étoiles de type Tabby.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Dans cette étude, un transit symétrique a été détecté autour de l'étoile de Tabby (KIC 8462852) à partir des données TESS, analysé conjointement avec des mesures de vitesses radiales. Un compagnon a été trouvé, avec une masse d'environ 9,4 M_J et un rayon d'environ 1,7 R_J, sur une orbite d'une période d'au moins 1030 jours, ce qui le place à la frontière entre les planètes et les naines brunes.
Où est sa force
Les auteurs ont retraité les données spectroscopiques d'archives en appliquant une convolution avec le profil de rotation de l'étoile, ce qui a réduit les incertitudes sur les vitesses radiales d'un facteur trois et a permis de contraindre de manière fiable la masse du compagnon. C'est le premier candidat au transit autour de l'étoile de Tabby, capable d'expliquer l'origine des exocomètes.
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
Si le compagnon est confirmé, il deviendra le premier objet en transit autour de l'étoile de Tabby, expliquera le mécanisme de génération des exocomètes, et enrichira le rare échantillon d'objets à la frontière entre planètes et naines brunes.
Travaux voisins dans notre archive
Le travail le plus proche de l'archive se situe à 0.63 par le sens — le niveau habituel de notre corpus.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2607.20643v1
KIC 8462852, also known as Tabby's star, shows deep, irregular flux variations up to 20 per cent in its Kepler light curve. These unusual events show no apparent periodicity. Multi-wavelength observations show the dips are consistent with transiting dust, although its origin remains uncertain. The leading explanation is that dust may originate from a family of exocomets or planetesimal fragments. TESS data reveal a unique, symmetric transit event consistent with a planet or brown dwarf. This would support the theory that incoming exocometary bodies may result from orbital perturbations by a planet. The analysis of the TESS and, archival and newly obtained radial velocity (RV) data, suggests that a companion could orbit around Tabby's star with a period of at least ~1030 d. When combined with the constraints imposed by Kepler and other photometric surveys, we find only five orbital period windows are possible. We conduct observations to follow-up the first two windows, significantly reducing the allowed ranges. Fitting the TESS transit using exocometary models produces a poor fit or the need of physically unrealistic parameters, favouring the giant companion hypothesis. A 2.3 $$\sigma$$ detection of $$M=9.4^{+4.9}_{-4.1}$$ M$$_{\mathrm{Jup}}$$ (3$$\sigma$$ upper limit < 28.0 M$$_{\mathrm{Jup}}$$) at the transit orbital period provides tentative evidence of the companion, but more RV observations are required. Along with the radius $$R=1.7\pm0.1$$ R$$_{\mathrm{Jup}}$$, the companion would lie in the giant planet-brown dwarf regime. In the future Gaia DR4 astrometry will reveal the nature of this object.
En six mois, en 2013, l’étoile de Tabby a baissé de 2,5 % en luminosité — une diminution aussi longue et profonde n’a été observée chez aucune des 550 étoiles voisines dans le champ de Kepler.
En 2015, on a soupçonné l’étoile de Tabby d’abriter des mégastructures extraterrestres — des sphères de Dyson. La découverte actuelle nous ramène à une explication plus prosaïque, mais tout aussi fascinante, avec des planètes et des comètes.