La différence entre une valeur mesurée et la valeur réelle, due aux limitations expérimentales.L'erreur de mesure est la différence entre une valeur mesurée et la valeur réelle d'une grandeur physique. Elle provient des limitations des instruments, des influences environnementales et de la nature statistique inhérente à de nombreuses mesures. En physique, aucune mesure n'est exacte ; chaque résultat comporte une certaine incertitude, et comprendre cette incertitude est aussi important que le résultat lui-même. Les erreurs de mesure sont généralement classées en erreurs systématiques (biais constants) ou aléatoires (fluctuations statistiques), et leur analyse permet aux scientifiques de quantifier le degré de confiance qu'ils peuvent accorder à leurs conclusions.
Le traitement formel de l'erreur de mesure remonte au XVIIIe siècle, avec les contributions de mathématiciens comme Carl Friedrich Gauss, qui a développé la méthode des moindres carrés et la distribution normale pour traiter les données astronomiques et géodésiques.
L'erreur de mesure est caractérisée en comparant des mesures répétées à un étalon connu ou en analysant la dispersion des résultats. Les erreurs aléatoires suivent des distributions statistiques, souvent gaussiennes, permettant de calculer l'écart type et les intervalles de confiance. Les erreurs systématiques, en revanche, décalent toutes les mesures dans une même direction et peuvent être identifiées par calibrage ou par recoupement avec des méthodes indépendantes. L'erreur totale combine les deux types, et des techniques modernes comme l'inférence bayésienne ou la modélisation du bruit aident à séparer le signal du bruit dans les expériences complexes.
L'analyse de l'erreur de mesure est essentielle dans toutes les sciences expérimentales, de la physique des particules (où l'on utilise des niveaux de signification comme « 5 sigma ») aux diagnostics médicaux, où distinguer une véritable maladie d'un artefact technique nécessite de comprendre les taux d'erreur.
La détection des ondes gravitationnelles par LIGO en 2016 a nécessité de séparer un signal d'amplitude 10^-21 d'un bruit des milliers de fois plus important, faisant de l'analyse de l'erreur de mesure le cœur de la découverte.



