
Une sonde spatiale conçue pour observer les pôles du Soleil depuis une orbite à forte inclinaison.Les pôles du Soleil sont essentiels pour comprendre son champ magnétique global, qui s'inverse tous les 11 ans. Les observations de Solar Orbiter ont déjà révélé des structures magnétiques inattendues et des phénomènes dynamiques dans les régions polaires, remettant en question les modèles existants. Cette connaissance est indispensable pour prédire les éruptions solaires et les éjections de masse coronale qui peuvent perturber les satellites, les réseaux électriques et les systèmes de communication sur Terre.
Solar Orbiter a été conçu à la fin des années 1990 dans le cadre du programme Cosmic Vision de l'ESA, la mission étant officiellement approuvée en 2011. Il a été lancé le 10 février 2020 et a commencé sa phase scientifique nominale en novembre 2021. La mission est une collaboration entre l'ESA et la NASA, avec des contributions de plusieurs pays européens et des États-Unis.
L'orbite de Solar Orbiter est soigneusement conçue pour l'amener à une distance minimale de 0,28 unité astronomique (environ 42 millions de km) du Soleil, tout en augmentant progressivement son inclinaison à plus de 30 degrés par rapport à l'équateur solaire. Cela est réalisé grâce à une série de survols de Vénus, qui utilisent la gravité de la planète pour modifier le plan orbital de la sonde sans consommer trop de carburant. La sonde est protégée par un bouclier thermique capable de résister à des températures allant jusqu'à 500 °C, et ses instruments sont positionnés derrière ce bouclier, avec seulement une petite ouverture exposée au Soleil pour les observations.
Les données de Solar Orbiter sont utilisées pour améliorer les prévisions météorologiques spatiales, ce qui protège les satellites, les astronautes et les infrastructures au sol des tempêtes solaires. Elles complètent également d'autres missions comme la sonde Parker Solar Probe de la NASA, qui s'approche plus près du Soleil mais reste près du plan de l'écliptique.
Solar Orbiter a capturé les toutes premières images des régions polaires du Soleil depuis une forte inclinaison, révélant que les pôles sont couverts de petites structures magnétiques transitoires jusqu'alors inconnues.










