Un ion de l'élément ytterbium, utilisé comme plateforme pour l'informatique quantique en raison de ses niveaux d'énergie adaptés.Les ions d'ytterbium sont des atomes uniques de l'élément de terre rare ytterbium, auxquels on a retiré un ou plusieurs électrons, les transformant en particules chargées électriquement. En informatique quantique, ils constituent l'une des plateformes les plus prometteuses pour construire des qubits—l'équivalent quantique des bits classiques. Leur attrait réside dans leurs niveaux d'énergie internes : les ions d'ytterbium possèdent une transition « horloge » particulièrement stable qui peut être utilisée pour coder l'information quantique, et ils interagissent bien avec la lumière laser, ce qui les rend faciles à manipuler et à lire.
L'utilisation des ions d'ytterbium pour l'informatique quantique a été initiée au début des années 2000, avec des groupes au NIST et à l'Université d'Oxford qui ont démontré des techniques clés de piégeage et de manipulation. L'élément lui-même a été découvert en 1878 par Jean-Charles Galissard de Marignac.
Les ions d'ytterbium sont généralement piégés à l'aide de champs électromagnétiques dans des dispositifs appelés pièges de Paul, qui les maintiennent en place dans le vide. Des faisceaux laser sont utilisés pour refroidir les ions à proximité du zéro absolu, ralentissant leur mouvement afin que les états quantiques puissent être contrôlés. Le qubit est encodé dans deux niveaux d'énergie hyperfins de l'état fondamental de l'ion, qui sont extrêmement stables face aux perturbations extérieures. Les opérations quantiques sont réalisées en appliquant des impulsions laser finement réglées qui induisent des transitions entre ces niveaux, tandis que la répulsion coulombienne mutuelle des ions leur permet de s'intriquer, ce qui rend possibles les calculs multi-qubits.
Les qubits à ions d'ytterbium sont utilisés dans des ordinateurs quantiques expérimentaux, y compris ceux développés par des entreprises comme IonQ, et sont également au cœur de la recherche sur les réseaux quantiques, où ils servent de nœuds pour la distribution de l'intrication.
Les ions d'ytterbium sont si stables que leur transition d'horloge optique est candidate pour redéfinir la seconde du SI.










