La phase géométrique apparaît lorsque des systèmes quantiques évoluent de manière cyclique dans l'espace des paramètres, sous l'influence de champs magnétiques.La phase géométrique, également connue sous le nom de phase de Berry, est un effet subtil mais profond de la mécanique quantique qui apparaît lorsqu'un système quantique subit une évolution cyclique lente dans son espace des paramètres. Contrairement à la phase dynamique familière qui dépend de l'énergie et du temps d'évolution, la phase géométrique ne dépend que du chemin parcouru dans l'espace des paramètres, et non de la vitesse à laquelle le parcours est effectué. Lorsqu'un champ magnétique est impliqué, il peut influencer directement cette phase, créant des conséquences observables dans les expériences d'interférence et dans le comportement des électrons dans les solides.
Le concept a été formalisé par Michael Berry en 1984, bien que des idées antérieures apparentées soient apparues dans les travaux de Pancharatnam (1956) en optique et dans l'effet Aharonov-Bohm (1959). L'article de Berry a unifié ces phénomènes et a montré leur origine géométrique profonde.
Imaginez un état quantique qui est lentement transporté le long d'une boucle fermée dans un espace des paramètres, comme la direction d'un champ magnétique ou la forme d'un puits de potentiel. Même si le système revient à sa configuration d'origine, la fonction d'onde acquiert un facteur de phase supplémentaire. Cette phase est « géométrique » car elle est égale à l'angle solide sous-tendu par la boucle dans l'espace des paramètres, une quantité purement géométrique. Dans les systèmes magnétiques, cette phase peut être interprétée comme une sorte de « flux magnétique » traversant la boucle, et elle modifie les figures d'interférence d'une manière qui révèle la topologie sous-jacente du système.
Les phases géométriques sont exploitées en informatique quantique pour des manipulations de qubits tolérantes aux fautes, et en physique de la matière condensée pour expliquer des phénomènes comme l'effet Hall quantique et les isolants topologiques.
La phase géométrique n'est pas seulement une curiosité quantique ; elle apparaît aussi dans les systèmes classiques, comme l'oscillation d'un pendule sur une plateforme en rotation lente, où elle provoque un déplacement du plan d'oscillation d'un angle égal à l'angle solide balayé par le mouvement de la plateforme.









