
L'effet Kerr est un phénomène optique non linéaire où la lumière modifie l'indice de réfraction du matériau qu'elle traverse.L'effet Kerr est un phénomène optique non linéaire dans lequel l'indice de réfraction d'un matériau varie en réponse à un champ électrique appliqué. Contrairement à l'effet Pockels, qui est linéaire en champ et ne se produit que dans les cristaux non centrosymétriques, l'effet Kerr est quadratique en intensité de champ et peut se manifester dans tout matériau, y compris les liquides, les gaz et les verres. Cela signifie que l'effet est généralement plus faible que l'effet Pockels à des intensités de champ modérées, mais qu'il devient significatif à des intensités élevées, comme celles produites par les lasers pulsés. L'effet Kerr est à la base de divers dispositifs optiques, notamment les commutateurs optiques ultrarapides, les lasers à verrouillage de modes et les limiteurs optiques.
L'effet a été découvert en 1875 par le physicien écossais John Kerr, qui a observé qu'un champ électrique pouvait induire une biréfringence dans le verre et d'autres matériaux. L'effet Kerr optique, où le champ propre de la lumière induit la modification, n'a été observé qu'avec l'avènement des lasers dans les années 1960.
Lorsqu'un champ électrique est appliqué à un matériau, il peut déformer les nuages électroniques des atomes ou molécules constitutifs, induisant un moment dipolaire. Cette déformation modifie la polarisabilité du matériau, ce qui modifie à son tour son indice de réfraction. La variation de l'indice de réfraction est proportionnelle au carré du champ électrique, ce qui en fait un effet non linéaire du troisième ordre (χ³). Dans l'effet Kerr optique, le champ électrique de la lumière elle-même fournit le champ, conduisant à l'autofocalisation ou à l'automodulation de phase des faisceaux laser intenses. L'effet est extrêmement rapide, se produisant à l'échelle de temps du mouvement électronique, ce qui le rend utile pour le traitement optique du signal à haute vitesse.
L'effet Kerr est utilisé dans les modulateurs optiques, les commutateurs Q pour lasers pulsés, et dans le verrouillage de modes des lasers pour produire des impulsions ultracourtes. Il joue également un rôle dans la propagation d'impulsions laser intenses à travers les fibres optiques, où il provoque une automodulation de phase et un élargissement spectral.
L'effet Kerr est responsable du « soliton optique » — une impulsion lumineuse qui peut se propager dans une fibre optique sans s'étaler, car l'effet Kerr contrebalance la dispersion naturelle de la fibre.








