Le processus par lequel un œuf fécondé se développe en un organisme multicellulaire.Le développement embryonnaire est la séquence d'événements par laquelle une cellule unique fécondée — le zygote — se divise, se différencie et s'organise en un organisme multicellulaire doté de tissus et d'organes spécialisés. Chez l'humain, ce processus s'étend de la conception jusqu'à la huitième semaine de gestation, après quoi l'organisme en développement est appelé fœtus. Il comprend des étapes clés telles que la segmentation (division cellulaire rapide), la gastrulation (formation des trois feuillets germinatifs) et l'organogenèse (développement des organes). Comprendre le développement embryonnaire est central pour la biologie du développement, la médecine régénérative et la biologie évolutive, car cela révèle comment des plans corporels complexes émergent de simples instructions génétiques.
L'étude du développement embryonnaire remonte à Aristote, mais l'ère moderne a commencé avec Karl Ernst von Baer dans les années 1820, qui a formulé la théorie des feuillets germinatifs. Au XXe siècle, la découverte en 1924 par Hans Spemann et Hilde Mangold de la région organisatrice dans les embryons d'amphibiens a établi le concept de signalisation inductive, et la base moléculaire des gradients de morphogènes a été élucidée dans les années 1980-1990, notamment par Christiane Nüsslein-Volhard et Eric Wieschaus.
Le processus est piloté par une combinaison de programmes génétiques et de forces physiques. Les cellules se divisent et communiquent via des molécules de signalisation (par exemple, les morphogènes) qui créent des gradients de concentration, indiquant aux cellules d'adopter différents destins selon leur position. Les forces mécaniques — telles que l'adhésion cellulaire, les changements de forme et le plissement des tissus — jouent également un rôle crucial, comme on le voit lors de la gastrulation lorsque l'embryon se replie vers l'intérieur pour former l'intestin. Les « règles simples » de l'adhésion cellulaire et de la signalisation, lorsqu'elles sont répétées à travers des milliers de cellules, génèrent les structures complexes du corps.
La connaissance du développement embryonnaire sous-tend la fécondation in vitro (FIV), les thérapies par cellules souches et le développement de la tératologie (étude des malformations congénitales). Elle éclaire également la recherche sur les organoïdes, où des organes miniatures sont cultivés en laboratoire pour tester des médicaments.
Au cours des premières heures suivant la fécondation, les cellules de l'embryon humain sont totipotentes — chacune peut se développer en un organisme complet — mais dès le stade de 16 cellules, elles commencent à s'engager vers des destins spécifiques, un processus qui implique la première asymétrie physique de l'embryon.















